Pluie la nuit

 

Quelque chose ment que je t’ai perdue,

je le croirais presque.

Il fait maussade et de l’humilité tout plein.

Le cœur se cabre,

l’œil brûle.

De larme aucune.

En pleurs n’est que la nuit dehors.

Isolement.

 

Texte et image de Paul Klee

Le faux père

.

tu n’es pas

ce que nous sommes

ni même

ce que nous voulions être

tu n’es pas non plus

ce que désignent les mots

tes yeux sont un volcan

et tu racles ta peau jusqu’

au sang

.

Paul Klee

Labyrinthe

 

Il n’y a pas de porte. Tu y es

Et le château embrasse l’univers.

Il ne contient ni avers ni revers

Ni mur extérieur ni centre secret.

N’attends pas de la rigueur du chemin

Qui, obstiné, bifurque vers un autre,

Qu’il ait une fin. De fer est ton destin

Comme ton juge. N’attends pas l’assaut

Du taureau qui est homme et dont, plurielle,

L’étrange forme est l’horreur du réseau

D’interminable pierre qui s’emmêle.

Il n’existe pas. N’attends rien. Ni cette

Bête au noir crépuscule qui te guette.

 

Jorge Luis Borges

 Paul Klee