la pie
fait ses pas coupés
comme si le temps venait
à lui manquer
bientôt
la lumière tombera au sol
se brisera
elle perdra ce vert
ensemble
que nous avons tant
aimé

Patxi Laskarai
la pie
fait ses pas coupés
comme si le temps venait
à lui manquer
bientôt
la lumière tombera au sol
se brisera
elle perdra ce vert
ensemble
que nous avons tant
aimé

Patxi Laskarai
dans l’angle où on dort, une équerre de bois ferme le ciel, on écoute la nuit descendre dans la voix la plus basse, un souffle court dans les feuilles par l’herbe plaquée, couleur de bête morte, sous le temps qui penche disparaît un pays sans bruit, les mains serrent sur le drap le froid découpé vif dans la fenêtre, où on regarde on ne rejoint plus rien, on respire mal par les trous du sommeil, la lampe n’éclaire pas dehors, à peine un faisceau de gris aux bords rongés, et l’humidité des arbres, mais à portée des yeux le fil droit des rainures de sapin, la nuit de la fenêtre, plus noire dans le noir quand on allume la petite ampoule, une bête longe la barrière
Mary-Laure Zoss
Patxi Laskarai
Pour seuls vivres
l’os du chemin
rongé par la lumière
pauvre est le sol
où s’use la pierre
sous les rafales du vent
citernes vides
remplies d’échos
sources taries dans l’air hautain
le chemin n’est que poudre d’os
dans la paume de la terre
José-Flore Tappy
Patxi Laskarai