Soleil

 

Carrare là où la campagne donne le marbre

Là où j’ai passé un été

Les alouettes il n’y en avait pas et les serpents ne sortaient pas

Le soleil simplement d’un tapis de prunes bleues est sorti

Puis vers le tapis de prunes bleues s’est incliné

Et l’adolescent dans la rivière attrapa un dauphin

 

Junzaburō Nishiwaki

 

 

Une maison là-bas

 

Une maison là-bas

avec sa porte ouverte

et ses deux tourterelles

récitant inlassablement le nom de l’absent

Une maison là-bas

avec son puits profond

et sa terrasse aussi blanche

que le sel des constellations

Une maison là-bas

pour que l’errant se dise

j’ai lieu d’errer

tant qu’il y aura une maison

là-bas

 

Abdellatif Laabi

Image Nicolas de Stael