Plus tard

 

Le temps passé dans une chambre où tout est noir reviendra plus tard. Alors j’apporterai une petite lampe et je vous éclairerai. Les gestes confus se préciseront. Je pourrai donner un sens aux mots qui n’en avaient pas, et contempler l’enfant qui dort en souriant.

Est-il possible que ce soit nous-mêmes en vieillissant ? Il y a quelques morceaux de ruines qui tombent. Ceux-là ne se relèveront plus. Il y a aussi quelques fenêtres qui s’éclairent. Et devant la porte un homme solide et doux qui connaît sa force et qui attend. Il ne reconnaîtrait pas lui-même son visage.

 

Pierre Reverdy

Loreal Prystaj

(de) Au présent des veines

 

alors j’ai pensé au mot destruction

et à tout ce qu’il faudrait rassembler

(été, jazz, corps à corps et tango,

immensité, jardin, rivage et quelques

insectes)

pour éviter de voir

son propre corps à très grande vitesse

recomposer croisant les certitudes

la nuit puis chaque nuit encore la nuit

 

Nicolas Brossard

 Loreal Prystaj