De (Lettres à ma fille)

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J’ignore ce qu’on te dira dans un avenir proche,

si celui qui habite les espaces des vies

possèdent des yeux de géant ou des cornes monstrueuses.

Parce que je t’aime, je voudrais te donner un antidote

pareil à une potion qui te ferait grandir

soudain, survolant la file, comme une fée.

Mais parce que je t’aime, je ne peux le faire

et tout au long de cette nuit que juin déchire,

je veux te garder de la file et de la pelote

et des formes d’aimer toutes différentes,

cependant faites de petits bruits d’étonnement,

comme si, là, le juste et l’humain pouvaient s’enlacer.

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Ana Luisa Amaral