Une eau froide



dans le repli

du jour

une ombre frôle le mur

puis descend

comme une eau froide

au fond du lit


silencieuse

elle s’allonge près de moi

le drap perd

un peu de sommeil


j’attends


le silence

parait toujours plus vaste

que la nuit

Kathleen Meier

Le seuil



chambre

en friche

au bord d’un fossé


l’eau a gagné

le seuil


le courant grossit


une ligne

brune

avance sous la porte


je la regarde


il faudrait

peut-être sortir d’ici

Kathleen Meier

La même nuit



le vent

tient dans sa paume

la chaleur des nuits d’été


la chambre est ouverte

l’air ne suffit pas


je me tourne

alors épaule contre sol


quelque chose remue

au-dessous de moi


la terre

on dirait – ne dort pas

Kathleen Meier