ça tombe
juste à l’endroit
où la voix se fend
sans jamais céder
après ça tient
à presque rien
un souffle
un mot
un œil entrouvert –
comme si
dans la fêlure
le corps trouvait
encore de quoi
continuer

Marguerite Bornhauser
des maisons
ici
et là se tiennent
fenêtres ouvertes pourquoi
ne se demande
pas un seul
passant
est-ce que je ne saute
pas
dans la vie
des espaces
Eva-Maria Berg
Gerd Luwig
rabâcher
le poème qu’en est-il
de l’image
quand elle nage
toute trempée
se gonfle
se noie
épuisé
isolé mot
après mot
introuvable
privé de couleur
(in la mémoire des branchies)
.
non même une pierre
ne vole pas
de retour dans la main
elle flotte et
les yeux s’immergent
dans l’eau
ils y trouvent le souffle
mémoire des branchies
ainsi personne ne se noie
quand le poème finit
peut-être le lecteur commence-t-il
à glaner mot pour mot
à chercher une force d’appui
par sa propre voix
au-delà du texte
au-delà d’un rivage
Eva Maria Berg
Guillaume Bresson