(de) la mémoire des branchies

 

rabâcher

le poème qu’en est-il

de l’image

quand elle nage

toute

trempée

se gonfle

noie

épuisé

isolé mot

après mot

introuvable

privé

de couleur

 

Eva-Maria Berg

 Luis Garvan

espaces

 

des maisons

ici

et là se tiennent

fenêtres ouvertes pourquoi

ne se demande pas

un seul passant

est-ce-que je ne saute

pas

dans la vie

des espaces

 

Eva-Maria Berg

Elaine Mayes

Au début

.

non même une pierre

ne vole pas

de retour dans la main

elle flotte et

les yeux s’immergent

dans l’eau

ils y trouvent le souffle

mémoire des branchies

ainsi personne ne se noie

quand le poème finit

peut-être le lecteur commence-t-il

à glaner mot pour mot

à chercher une force d’appui

par sa propre voix

au-delà du texte

au-delà d’un rivage

 

 

Eva Maria Berg

Image Guillaume Bresson