(de) Le soir

.

La porte entrouverte,

L’odeur des tilleuls…

Oubliés sur la table,

Un gant, une cravache.

.

Le jaune de la lampe…

J’écoute tous les bruits

Pourquoi es-tu parti ?

Je ne comprends pas…

.

Le matin bientôt

Sera soyeux et clair.

Que cette vie est belle,

Sois sage, mon cœur.

.

Toi qui semble las.

Ce battement trop sourd…

Je l’ai lu, tu sais :

Jamais l’âme ne meurt.

.

Anna Akhmatova

Egon Schiele

Je me mens


de ma place

je vois

sur la table

l’homme qui marche 

et une verseuse pleine

d’un noir café


aussi ces oiseaux

gonflables

accrochés aux branches

ces yeux – les tiens

qui fuient par

le côté


la grille est ouverte –

peut-être

est-ce la veille

ou le jour d’après 

Egon Schiele


Ce texte a été publié en février 2026 dans la revue Sens n°2 éditée par l’association les doigts bleus

https://www.facebook.com/lesdoigtsbleus/?locale=fr_FR

Soi-même comme un autre

ce visage

tourmenté

dans le miroir du matin –

la lumière le traverse


il ne cille pas

ses lèvres restent closes


peut-être attend-il que

je le reconnaisse


je baisse les yeux

lui ne les baisse pas

Egon Schiele