Je me mens

.

de la place qui est la mienne

sur la table

je vois l’homme qui marche

avec une verseuse de café noir

.

aussi

des oiseaux gonflables

accrochés aux branches

tes yeux qui font face

.

sans doute

est-ce le lendemain ou le jour

d’avant

Egon Schiele

Soi-même comme un autre

.

ce visage

qui n’est pas le mien

ni tout à fait autre

qui n’est pas non plus celui que je quitte

au matin quand la lumière

s’éteint

Egon Schiele

La saison froide

.

pressées l’une

contre l’autre

nos chairs nues

sur le tapis en laine

la pulpe d’un doigt

sur ma peau

ton souffle puis

une pression légère

de l’abdomen

 

Matin d’amour

deux cuillères rangées

au fond du tiroir

tv5

Image Egon Schiele (1917)

Sol absolu

 

le large est entré dans la chambre nocturne

où un geste ou deux ont aimé la lumière –

les corps se redressent dans la clarté invisible

des hanches nues et des syllabes d’eau

longues et brèves des bouches qui se penchent –

bruit de verre echoué sur les fonds

Lorand GASPAR (extrait de sol absolu)

Image http://biblioklept.org/2014/12/13/lovers-egon-schiele/