Olga Tokarczuk

 

 » J’ai renoncé délibérément à travailler la langue depuis que j’ai commencé à être écrivaine. Je préfère créer des images. La langue n’est pour moi qu’un outil pour y parvenir. Voilà pourquoi la mienne est transparente. Je me souviens de l’époque où je préparais la première version de Dieu, le temps, les hommes et les anges. Mon obsession était d’atteindre à la plus extrême simplicité. A chaque fois que je trouvais une subordonnée, je l’éliminais afin que la langue devienne invisible pour le lecteur. » – Olga Tokarczuk

 

Don Delillo

« Lorsque j’écris avec ma machine, je produis des caractères bidimensionnels, un a, un b ou un c par exemple. Ils sont plats mais je les perçois pourtant comme tridimensionnels, comme une sculpture que je peux toucher. Quand on compose un mot sur une page blanche, je considère que c’est comme travailler à une sculpture, comme malaxer de la glaise ou travailler du marbre. Dans les mots et dans les phrases, il y a un attrait esthétique qui n’a strictement rien à voir avec le sens. » – Don Delillo

Imagehttp://www.lesinrocks.com/2010/08/26/livres/don-delillo-je-nen-sais-pas-plus-que-le-lecteur-1126560/

Jean Echenoz

A partir du moment où l’on a vaguement l’idée d’une phrase et qu’on la tourne un peu dans tous les sens pour trouver ce que l’on espère être son efficacité la plus grande, il y a forcement un moment où elle se moque d’elle-même. Et c’est souvent le moment intéressant, le moment où elle peut être à la fois efficace sur un plan descriptif, où elle peut avoir une charge émotionnelle et en même temps, laisser apparaître sa propre incongruité.

Les Inrockuptibles – Hors série Interviews

Image http://www.oliviergarros.com/newsite/?attachment_id=1296