Sans titre


Et les nuages sont longs

ta langue sans prière


en cet instant illuminé

les feuilles repliées à peine

visibles et vertes

le vent agite tout ce qui bouge

vibre sur tout ce qui est


tu n’attends pas de réponse

dans ta poitrine ouverte

le soleil s’est logé entier


Noée Maire

Claire Dias Lachèse

Cendres (7/9)



la mer commence

son travail

d’effacement

elle polit

les angles du jour

et dans le mouton des vagues

esquisse un être –

ni image

ni oubli

que j’ai tant de mal

à reconnaître

après

je me laisse dire

non ce qui fut

mais ce qui nous manqua

toutes ces années-là

Claire Dias Lachèse

(de) L’enfant de la falaise


y a-t-il encore, toujours, une enfance au-devant de nous ?

l’enfant peut-il guérir de la douleur d’aimer ?

il dessine une plaine qui s’évase et ravit au loin l’image d’une montagne

les pieds dans l’herbe bleue et l’eau froide fuyante

l’enfant rêve une errance

parfois les mots s’effondrent et le monde vacille

et la cité de verre, de fer, de béton, de fumées traverse et troue le corps de l’enfant déchiré


François Coudray

Claire Dias Lachèse