Ce n’est pas encore que tout s’efface



je désespérément n’est pas un autre


époque des pères et des mères qui tombent

pommes navrées au pied du pommier


je suis restée cette enfant

sans volonté de naître

pour laquelle vivre

est une embûche mentale


il y a

des mois morts


je pense et je marche sur des œufs

dans ma tête pour ne pas

brusquer

ce qui s’y trouve

lézarder la poche protectrice


gris sur gris teinté de gris sur lit d’herbes mouillées sous ciel de lit en pluies, une sorte d’image de l’interminable, version côté obscur


Anne Julien

Eikoh Hosoe