(de) Phrases pour un orage

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On n’est pas heureux

Sous l’azur fragile.

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En ce jardin je sais je ne sais quoi.

Les feuilles sont un peu plus larges,

Un peu moins vertes que leur nom.

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L’azur enfante l’ombre

(Le fruit de sa pourriture).

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La terre aborde son silence

Qui l’attendait.

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Jean Tortel

Jordi Ruiz Cicera

Je te reconnais

.

Je te reconnais

visage affolé

buée sur la vitre

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dehors je ne sais pas

mais dedans

tu cries

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me diras-tu ta vie ?

cela t’aidera-t-il ?

aimer peut-il aider ?

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je suis là maintenant

je revis avec toi

tu peux avec moi – revivre

.

Frédéric Worms

Deux langues de feu

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Vous avez laissé dans mes yeux

une étoile obscure,

l’odeur des hivers

entre les pages éteintes

de mes vieux cahiers.

Moi, j’ai vécu au cœur

de votre ciel ardent,

brulant comme vous

ma vie pour rien.

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Léonardo Sinisgalli

Danielle Jacqui

Lésion

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La couleur afflue à cet endroit, rouge morne.

Tout le reste du corps est sans tache,

Couleur perle

.

C’est dans une cavité de roc

Que la mer vient aspirer,

Un seul creux suffit à la concentrer tout entière.

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De la taille d’une mouche

La marque du destin

Rampe le long de la paroi.

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Le cœur se ferme,

La mer se retire,

Les miroirs sont voilés.

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Sylvia Plath

Morton Bartlett

(note bleue)

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bas et lourd
ce couvercle

son poids de détresse
de peurs qui s’amoncellent

sans peine
les oiseaux le soulèvent

ou simplement
ils l’ignorent

leur chant est ici
et déjà ailleurs

dans le jour qui court à sa perte
ils écoutent

plus loin que ce qui est perdu

.

Marc Dugardin

Youngna Park

(de) Nature morte

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Arbre. Ombre. Terre

sous l’ombre pour les racines.

Monogrammes enlacés.

Argile. Rangée de pierre.

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Racines. Leurs entrelacs.

Pierre dont le propre poids

arrive à libérer de

tout ce système de nœuds.

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Elle ne bouge pas. Impossible

De la déplacer, de l’emporter.

Ombre. Homme dans l’ombre,

comme un poisson dans la nasse.

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Joseph Brodski

Robert Darch

Le dénouement

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par petits bouts

le vent te disperse

dans le ciel d’été

après

ce sont des choses

d’une grande banalité

de place en place

ces lettres attachées les unes

aux autres

les images que l’œil tente de

refourguer

Will Hooper

Écoute

.

je vole dans les nuits

les roses de ta bouche,

afin qu’aucune femelle ne puisse y boire.

Celle qui t’enlace

me dépouille de mes frissons,

ceux que j’avais peint sur tes membres.

je suis la bordure de route

qui t’effleure,

te jette à terre.

Sens-tu ma vie autour

partout

comme un bord lointain ?

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Else Lasker-Schüle

(Traduction d’Alain Suied)

Armineh Hovanesian

de « Parenthèses de la lumière »

 

Puis-je entrer

des êtres regardant le champ
comme des hommes : blé, vent

& la soie rouge des pensées
A perte de vie

(Pour chaque corolle)
Un espace se disjoint

Silence sur tes yeux
sur le front du hasard

je tresse une couronne de
coquelicots

avec un seul fil : blé, vent
qui s’engouffre à l’infini

 

Sophie Bressart

Francis Palanc

 

 

Note bleue

 

bas et lourd
ce couvercle

son poids de détresse
de peurs qui s’amoncellent

sans peine
les oiseaux le soulèvent

ou simplement
ils l’ignorent

leur chant est ici
et déjà ailleurs

dans le jour qui court à sa perte
ils écoutent

plus loin que ce qui est perdu

 

Marc Dugardin

 Francesco Roméro