la nuit rentre
ses griffes
tu sanglotes à peine
je me tais
la cendre reste tiède
il y aura demain
des sourires blancs
et ce mensonge –
aller comme si
de rien n’était

Alberto Burri
une idée un reflet
ne plus sentir le sol
dire détours déboires coups de dés
ignorance
encore les nerfs
un coin de peau
et le geste unique
savoir pourquoi les gens vivent
trop de bouches
d’odeur spirituelle
écriture aigre
tant de virtualité
renvoie à la mort
on coupe
par réalisme
Bernard Noël
Anthony Morel
seule avec toi
dans le silence vert
je respirerai au plus léger
l’invisible
Du fond des eaux frémira la lumière
Je te retrouverai
Roselyne Sibille
Trente Park
Ombre glissant dans l’ombre
chassée par l’ombre la chassant
à travers troncs branches et feuilles
tu te glisses
La plante de tes pas
Tu agites les eaux
les déploies en rouleaux frangés
qui feuillettent les terres
les étagent
déplient
de page en page
Raphaël Monticelli
Mikiya Takimoto
du bout du regard
Le flux m’entraîne
Vers un autre
Sans le rejoindre
Et c’est moi
Pas besoin de mots
Le fleuve l’esprit le corps
Le fil de l’eau épouse la forme des questions et les dissout
Nous n’avons qu’un visage
Nous sommes le commencement et la fin
Pas besoin de nous connaître nous savons
Intimes que l’autre n’existe pas
Nous ne formons qu’un
En discontinu
Il englobe de soi à soi l’espace et le temps
Pierre Rosin
Martin Kippenberger