Au réveil

 

le frisson des feuilles

à la force du vent

avec ce vol d’oiseaux qui occupe le gris

du ciel

 

jalousement

 

mutité

du jour qui se lève

l’air est douloureux mais

le poème bruit de

l’intérieur

Vadim Solovyov

Presque un souvenir

 

l’œil boit

la saison qui s’achève

 

il boit le ciel

les arbres et le fruit

 

les voix chères

les visages

 

il boit l’abondance

ou le manque d’envie

 

aussi les lumières

qui défont la nuit

  Pierro Percoco

Après que la blancheur

.

au matin

l’œil revient

à ce qui lui est cher

puis il échappe

au gardien

.

toujours

ce même appel

un creux sans cesse

la chose qui tord l’intérieur

.

l’hiver

qui prend racine

Gyula Halász alias BrassaÏ

Poésie du chien

.

à l’heure dite

le corps solaire ne suffit plus

.

grise est la lumière

l’envers vaut l’endroit

et au vent montent les odeurs

des pierres

.

le silence

aussi on voit

le silence déplier ses ailes

par-dessus les toits

.

Jacques Bonenfant

Maude Schuyler Clay

Habitance

.

ce que tu dis

et ce qui est tu

.

ce premier tu qui avance

à son pas

le visage clair et sans entrave

ou l’autre

de ces mots

en petit nombre à chaque fois

ravis aux confins

du silence

.

et ce pendant – sais tu

à force de rien effile le mystère

ineffable

  Yean j Yue

Chemin des moulins

 

dans le long couloir

qui nous habite

l’œil colle à l’absence

 

des corps

sans grâce y flottent

en silence

les murs se couvrent d’ombres

fleurées

sans soute sommes-nous morts

sans même le savoir

 

au cœur de l’été  

Matthew Beck

Toussaint

 

Cette petite vieille

l’œil bas

qui astique la dalle jouxte

 

sait-elle

où vont les morts quand ils

nous dés-appartiennent

 

le jour de tes funérailles

nous étions pourtant tous là

le regard comblé de roses

 

si peu oublieux

à prier sous un ciel

de taille

 

   Bertrand Lamouroux

 

 

La fin des fins

 

invisibles

l’un de l’autre

sourdes carcasses sillant

le rivage

nous avons perdu l’épreuve du temps

maintenant le regard bat

dans l’ombre des objets et le silence

pour ce qu’il n’est plus

Soo Burnel

 

Presque un millier

 

le chant des oiseaux

que le soir agite

 

à peine un souffle

pas même une ombre

au-dessous de soi

l’heure passe

 

davantage peut-être

il ne fait pas froid et

autour de nous

des corps graciles

que la voix du poème

disperse

 

Jeremy Smith

Nocturne

 

 

ni ombre

ni trace de pas

tu es seule et

 

tu n’es pas là

 

sur le sol

un éclat de lune

ce qui nous lie si tu regardes

le même ciel que moi

 

après

c’est le silence et

il y a ce qui demeure

en-deçà