Eboulis

 

Que voit-on

chez les enfants d’Anniston ?

Frisson d’eau et fenêtres ouvrant

la lumière, un long silence

à peine

un sourire pour écrire

la souffrance et rien de plus.

De petites pierres

enroulées dans la partie creuse

de l’édifice

tv5

image-e1448366370628 Samuel Bollendorff

 

La fin des fins

 

le claquement

du verrou que ta main

par deux fois tourne, un souffle

et de plein fouet

l’atrophie du temps

 

puis à nouveau

le vent plein des senteurs pourries

de l’automne

Tayfun Gulnar

 

 

La maison du vide

 

Quand sera ce jour

j’habiterai

un fauteuil sous la fenêtre

des hommes et des femmes passeront

la tête

leurs voix seront sourdes

et j’oublierai la vielle promesse

 

Cette main qui se pose

sur mon épaule

 

Fernanda Frazão

Crépuscule

 

à peine un mot

ce mot et tu tournes

le dos.

Pour te fondre

arbre

parmi les arbres

dans les eaux noires

de la rivière.

Sans autre effet

que la croix gravée

sur ton épaule

blême

image-e1448366370628Gus Powell

 

On marche

 

au fusain

une silhouette épaisse

sous un chapeau mou. Qui souffle

à ceux que le temps observe : de l’arbre

l’eau bleue, au vent

un sentier de pierres et la lune

parfois quand elle pend

à l’horizon

Joanne Ratajczak

 

 

Esprit fidèle

 

curieux

que nos rêves se croisent

encore sur ce rivage. En dépit

de l’air matinal et du tour indistinct

de nos voix.

Peut-être un souffle

prisonnier

Carla Sutera Sardo

 

 

Amer nuage

 

au-dessus

des grandes tours

qui courbent l’échine, un esprit

se consume dans l’azur. Coïncidence

ou non

des poudrins exotiques fusent

à l’aplomb.

Landon Spear

Les heures indoues

 

en tourbillon

les premières poussières de l’hiver

sur le faubourg.

Aussitôt

Gemini,

 

le serpent d’acier

se resserre, du temps passe et

je m’inquiète :

même si je n’suis rien,

 

ces sols couverts

de lèpre, ces murs derrière

les murs

si j’suis personne,

 

la lumière fausse

personne

 

seul ton rire

sur le tas de pierre

 Mattew Gamber

Octobre blanc

 

livrée

aux quatre vents

la page arrachée jadis

au cahier du jour.

De passer le grillage

avant d’échouer sur un arbre gris.

Surgit alors l’enfant

que j’étais en mille neuf cent

soixante-treize.

Le visage maigre et

noyé de pluie

à l’endroit même

où se dressait hier encore

le chèvrefeuille

de Tartarie

image-e1448366370628 Albert Louden

 

 

Lettre à M.

 

des cristaux de gel

sur le bord de la fenêtre

la nudité céleste

ou la nacre intérieure

d’une conque

un silence de moitié

l’absence

aussi

Mais peu importe, la saison froide dis-tu fait du vers

une futilité

 

Jean Baptiste Courtier